
AVILÉS, 84.835 habitants est une :
D’après ce que l’on sait, Avilés est, depuis mille ans, une métropole tournée vers la mer. Cette relation est telle que le port d’Avilés, situé au fond de sa ría, fut la raison d’être de la ville et le moteur inépuisable de son constant progrès à travers le temps.
D’après un éminent professeur d’histoire médiévale, "c’est la ville la plus ancienne du littoral cantabro-atlantique, entre le fleuve Bidassoa (à la frontière avec la France) et le Miño (à la frontière avec le Portugal), et elle recèle un trésor exceptionnel de sources d’information historique".
Sur le plan territorial et historique, la situation stratégique de son mouillage abrité et la courte distance qui le reliait, par voie terrestre, à la cour des premiers rois d’Espagne, (établie à Oviedo puis plus tard en Castille) ont joué un rôle fondamental.
Durant le Moyen Age, Avilés fut le port espagnol le plus important de la côte nord atlantique. Les rois des Asturies, et plus tard ceux de Castille, l’utilisèrent pour établir des relations commerciales avec certains pays du continent, et surtout avec la Rochelle qui était le port de mouillage le plus important de la côte atlantique française. De la Rochelle, on importait des tissus, du vin et du sel. Le sel provenait des environs de Saint-Nazaire et approvisionnait les dépôts d’Avilés. Selon la tradition, ces dépôts appartenaient aux rois et constituaient une source de revenus des plus substantielles pour la ville.
La relation d’Avilés avec tout l’arc atlantique français fut une constante et ce, depuis le Moyen Age. L’importance de la ville lui valut d’être fortifiée, et par la suite, (au XI° siècle), d’être distinguée par un "fuero" (législation particulière) royal qui concédait certains privilèges économiques et sociaux aux habitants d’Avilés.
Le fait que le progrès matériel d’Avilés provînt de la mer est indéniable, mais ce ne fut pas la seule raison. Le caractère cosmopolite des populations ancrées sur ses côtes facilita aussi un enrichissement culturel concrétisé par des architectoniques historiques (roman, gothique, baroque) que l’on peut encore apprécier dans le quartier ancien, dont un grande partie a été déclaré "Ensemble Historico-Artistique" par l’Etat espagnol.
Au cours des siècles, le port d’Avilés s’est adapté aux différentes circonstances économiques de chaque époque. Au XX° siècle il devint le point de départ des nombreux voiliers qui faisaient "la course aux Indes" avec des émigrants qui cherchaient fortune en Amérique. Commencent alors les grands travaux de l’infrastructure portuaire : c’est ainsi que la canalisation de l’estuaire et l’arrivée du chemin de fer en 1890 transformèrent Avilés en un port industriel exportateur de la principale matière première des Asturies: le charbon.
Ville industrielle
Au milieu du XX° siècle, l’une des plus grandes entreprises sidérurgiques européennes s’établit sur des terrains situés aux abords de la "ría". La situation du port, -tout à côté d’une grande plaine qui se trouvait face à la ville, sur l’autre rive de l’estuaire- fut déterminante au moment de choisir l’emplacement de cet énorme complexe industriel qui multipliait par cinq le nombre des habitants de la ville.
A la fin du XX° siècle, la grave crise sidérurgique mondiale frappa sévèrement Avilés et l’obligea à amorcer un processus de reconversion industrielle. Les hauts-fourneaux, les aciéries, etc..., commencèrent à disparaître tandis que l’on planifiait un nouveau parc d’entreprises à l’endroit où se trouvaient précédemment les installations qui avaient été démolies. Le port, une fois encore, devient un moteur essentiel au développement des nouvelles entreprises qui s’implantent dans ce parc.
La grande industrie s’est essoufflée, ce que n’a jamais fait la mer. Le port de pêche d’Avilés est le plus important des Asturies et il compte parmi les cinq principaux d’Espagne. Un plan ambitieux est en cours qui prévoit l’agrandissement des quais de pêche et la création d’une nouvelle criée, avec leurs services correspondants, ainsi que l’agrandissement des quais de commerce de San Juan.
La dette qu’Avilés a envers la mer est impossible à rembourser. C’est pour cette raison que le nouveau Plan Général d’Aménagement Urbain se penche sur la récupération de la façade maritime et la suppression de la barrière que constitue la voie ferrée en rapprochant Avilés de la mer. Les travaux d’assainissement complet de la rííía et la récupération des boues industrielles sont déjà bien avancés. Cela va permettre une régénération de la vie maritime, et rendra aux habitants l’occasion de jouir de l’estuaire qui, en plus de ses activités commerciales retrouvera son office d’espace de loisir et de détente.
Dans la transformation décisive qu’Avilés va connaître par sa nouvelle conception urbaine, la ría et le port jouent -comme toujours- un rôle essentiel. L’Avilés du futur renforcera encore davantage son union historique avec la mer.
Site d'Avilès: www.ayto-aviles.es